
« Ce qu’a accompli Leonardo García-Alarcón, musicien et artiste, a eu la même audace que Monteverdi lui-même dans sa « Troisième pratique », vers la fin de sa vie. Le maestro García Alarcón a transformé une douzaine de madrigaux, d’arias, de « récitatifs chantés » et de chœurs en une sorte d’opéra dont l’intrigue n’était pas une histoire. Il s’agissait d’un opéra des émotions de Monteverdi. »
Harry Rolnick pour ConcertoNet.com
Cappella Mediterranea propose d’explorer avec le public, comment ont pu se partager dans l’âme d’un même homme : les tourments amoureux des madrigaux, la noblesse la plus pure du sujet de l’Orfeo, les nouveautés d’un Vespro, le conservatisme et la foi de ses messes a cappella et de ses madrigaux “moraux”, l’esprit d’aventure et de chasteté qui sont le moteur de l’Ulysse et enfin la création d’une des pièces les plus amorales de l’histoire de la musique, L’Incoronazione di Poppea. Pour comprendre cette juxtaposition d’idées et passions, nous avons imaginé un programme conduit par des forces allégoriques très présentes dans l’esprit et l’imaginaire des hommes italiens au XVIIème siècle : les sept péchés capitaux et les sept vertus. Les péchés capitaux de la religion catholique, cités par Thomas d’Aquin (1225-1274) et énumérés par le Pape Grégoire (540-604) faisaient partie de l’imaginaire des artistes à travers les siècles, notamment Dante ou Leonardo Da Vinci. Ainsi, petit théâtre des émotions humaines, ce programme porte l’auditeur vers une réflexion profonde sur la nature des émotions et laisse entrevoir que Monteverdi est peut-être un des seules artistes de l’histoire à avoir connu l’origine des passions humaines pour les transcender et les sublimer en musique.

Œuvres de Claudio Monteverdi, extraites de ses livres de madrigaux, de ses opéras L’Orfeo, Il Ritorno d’Ulisse in patria et L’Incoronazione di Poppea, ainsi que de sa Selva morale e spirituale.
