Leonardo García Alarcón

Après avoir étudié le piano en Argentine, Leonardo García Alarcón s’installe en Europe en 1997 et intègre le Conservatoire de Genève dans la classe de la claveciniste Christiane Jaccottet.

Argentin par ses origines et détenteur de la double nationalité suisse et argentine, il est réclamé par les plus grandes institutions musicales et lyriques, de l’Opéra de Paris au Teatro de la Zarzuela de Madrid et au Grand-Théâtre de Genève, ville où il a fait ses premières armes. C’est sous l’égide de Gabriel Garrido, qu’il se lance dans l’aventure baroque.

En peu d’années, Leonardo García Alarcón a surgi comme le chef d’orchestre obligé de la planète baroque en particulier grâce à ses créations de concerts très remarquées dans le cadre du Festival d’Ambronay.

En 2005, il crée son ensemble Cappella Mediterranea, responsabilité qu’il cumule avec la direction du Millenium Orchestra, qu’il fonde pour accompagner le Chœur de chambre de Namur, dont il prend la direction en 2010, reconnue comme l’une des meilleures formations chorales baroques actuelles. Il se partage ainsi entre Genève, la France (notamment au CCR d’Ambronay, l’Opéra de Dijon et Versailles), la Belgique, son Amérique du Sud natale. Se créé ainsi une forme d’éclectisme géographique, auquel correspond son répertoire. Avec un goût et une vocation pour redonner vie à des œuvres méconnues de Sacrati, Draghi, Falvetti, D’India…

On doit également à ce chef la redécouverte de nombreux opéras de Cavalli comme Eliogabalo, en 2016 à l’Opéra de Paris, Il Giasone à Genève et Erismena au Festival d’Aix-en-Provence 2017, et à l’Opéra de Dijon : El Prometeo d’Antonio Draghi en 2018, dont il a réécrit la musique du 3e acte manquante, La Finta Pazza de Francesco Sacrati, en 2019 et fin 2020 Il Palazzo Incantato de Luigi Rossi avant sa reprise à Nancy et Versailles fin 2021.
En 2022, Il dirige une nouvelle production du célèbre Atys de Lully, mise en scène et intégralement mise en danse par Angelin Preljocaj à Genève puis à Versailles. Peu après il dirige toujours avec Cappella Mediterranea une Passion selon Saint Matthieu de Bach à l’auditorium de Dijon, très remarquée par la critique.

En tant que chef ou claveciniste, Il est invité dans les festivals et salles de concerts du monde entier. En novembre 2018, il dirige l’Orfeo de Monteverdi dans la mise en scène de Sacha Walz au Staatsoper de Berlin et est l’invité régulier des Violons du Roy au Canada, de l’orchestre Philharmonique de Radio France ou du Gulbenkian Orchestra. Il est reconnu meilleur chef d’orchestre au Palmarès 2019 de Forum Opéra, notamment après sa direction triomphale des Indes Galantes à l’Opéra Bastille. 

Sa discographie prolifique est unanimement saluée par la critique. Citons l’enregistrement d’El prometeo de Draghi en 2020, peu avant celui de Samson de Haendel avec le Millenium Orchestra et le Chœur de Chambre de Namur. En 2021 sortent de nombreux disques enregistrés pendant les confinements : Rebirth  (Sony classical) avec Sonya Yoncheva ; Lamenti & Sospiri (Ricercar) avec Mariana Flores et Julie Roset ; l’Orfeo de Monteverdi (Alpha classics) avec Valerio Contaldo, et Bach before Bach (Alpha classics), avec la violoniste Chouchane Siranossian. En 2022 est paru Semele de Haendel, avec Millenium Orchestra et le Chœur de chambre de Namur (Ricercar), avant la sortie en première mondiale de l’enregistrement de La Finta Pazza de Sacrati (Versailles spectacles).

Leonardo García Alarcón est Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.


Les Grands Entretiens avec Stéphane Grant, Septembre 2016 sur France Musique, plus de 2 heures d'interview.


ARGENTINA for Export
Par Pierre PRATABUY, septembre 2017

La musique baroque, Leonardo Garcia Alarcon est tombé dedans quand il était petit, en écoutant une cassette de Bach offerte par sa grand-mère. Depuis, la passion du chef d'orchestre argentin de 41 ans, courtisé dans le monde entier, n'a pas faibli.
Le destin de celui qui dirigera vendredi soir l'"Orfeo" de Monteverdi en ouverture du 38e festival d'Ambronay (Ain), grand rendez-vous du genre, s'est scellé dans les faubourgs de La Plata. Il y grandit dans une famille modeste où son père chante tout le temps. A huit ans, le jeune Leonardo lui dit qu'il préfère écouter du "Batche", comme il le prononce alors.
Sa grand-mère l'avait aperçu les yeux rivés sur la télévision, où Karajan dirigeait la 5e symphonie de Beethoven, et s'était mise à lui acheter, chaque semaine, les cassettes d'une encyclopédie musicale. Aux numéros 24 et 28, l'enfant découvre Bach et la Passion selon Saint Matthieu, "un choc".
A l'époque, il joue déjà au piano et parle de Mozart et Haydn, pendant les cours de danse de sa sœur, avec le mari de la professeur, ancien orchestrateur qui lui fait connaître "la cuisine de la musique".
Adolescent, il se tourne vers le clavecin mais l'instrument est rare en Argentine : pour en imiter le son, il enfonce une punaise sur les marteaux de son piano et s'entraîne sur un disque de la Messe en si mineur de Bach. "La pièce la plus difficile pour l'art de la basse continue, après tout fut plus simple !", s'amuse aujourd'hui Alarcon.

- 'Toujours 1.000 projets' -

A 16 ans, il voit un opéra à Buenos Aires où joue le Brésilien Nicolau de Figueiredo. Qui lui conseille d'aller un jour à Genève retrouver sa propre formatrice, la claveciniste Christiane Jaccottet.
Quand il y débarque, Leonardo Garcia Alarcon n'a pas encore 21 ans et 500 dollars en poche. De quoi vivre dans une cave. Son talent le sauve : il est reçu rapidement au Conservatoire dans le fameux cours. Il se perfectionne durant huit ans, donne ses premiers concerts et fonde en 2005 son propre ensemble, Cappella Mediterranea.
Il est repéré à l'époque par Alain Brunet, fondateur du festival d'Ambronay qui devient sa seconde maison et où il rencontre son épouse, la soprano Mariana Flores.
"C'est un vrai boulimique de travail - je ne sais pas quand il dort. Il a toujours 1.000 projets dans ses tiroirs et adore exhumer des choses", souligne Daniel Bizeray, qui dirige aujourd'hui le festival.
Son premier succès vient avec la reconstitution du "Déluge Universel" de Michelangelo Falvetti, un oratorio tombé aux oubliettes en Sicile depuis la fin du XVIIe siècle. Créé à Ambronay en 2010, le programme a tourné partout en Europe.

- A la force du poignet -

En 2013 à Aix-en-Provence, Leonardo Garcia Alarcon ressuscite cette fois "Elena" de Francesco Cavalli. Et il vient d'exhumer les œuvres d'un autre compositeur italien.
Comment les débusque-t-il ? "J'ai passé beaucoup de temps dans des bibliothèques à Lisbonne, à Naples, au Vatican. Je reçois aussi des cadeaux de musicologues. Quand je lis une partition, je l'entends et me rends compte tout de suite de sa richesse."
Depuis, la notoriété de celui qui a fait l'ouverture de l'Opéra de Paris la saison dernière va crescendo. La tendance dans le baroque est au succès des jeunes chefs, relève M. Bizeray en citant les Français Raphaël Pichon et Jérémie Rhorer. Mais l'Argentin "s'est fait tout seul, à la force du poignet".
Celui qui dirige aussi le Chœur de chambre de Namur est reconnu pour l'attention qu'il prête à l'émotion dans son interprétation de la musique. "Je connais bien, ou croyais bien connaître, le Requiem de Mozart. Mais c'est peu de dire qu'avec Leonardo Garcia Alarcon, vous avez en permanence l'impression de le redécouvrir", confiait en 2014 dans une chronique Gilles Lesur, membre du Chœur de l'Orchestre de Paris.
L'enfant de La Plata, père d'un garçon et d'une fille, professeur à Genève, est désormais helvético-argentin. Mais la nostalgie du pays - en 2009, il a fait dialoguer la musique de Monteverdi et le tango d'Astor Piazzola - n'est jamais loin.

Prix reçus à l’international :

  • 2020 Les Indes galantes Opéra Bastille, "best perfomance" Oper!Awards
  • 2019 Meilleur chef 2019 Palmarès Forum Opéra
  • 2019 Les Indes galantes Opéra Bastille, Cappella Mediterranea, direction Leonardo García ALarcón, meilleure production Palmarès Forum Opéra
  • 2018 - 2019 Chevalier des Arts et des Lettres en 2018 (médaille 4/6/19 à Versailles avec Catherine Pégard)
  • 2019 Prix de la décennie Fundación Konex (Argentine) - Catégorie chef d'orchestre
  • 2018 (04/07/2018) Citoyen d'Honneur et ambassadeur de la ville de Namur (Belgique)
  • 2018 Concert de l'année du Quebéc Leonardo García Alarcón à la direction des Violons du Roy
  • Citoyen d'honneur de Buenos Aires (Argentine)
  • Citoyen d'honneur de la Plata (Argentine)
  • 2012 Prix Gabriel Dussurget à Aix-en-Provence le 20 juillet 2012
  • 2012 Prix Antonio Livio (presse)
  • 2010 (18/11/2010) Citoyen d'honneur d'Ambronay