
Dans cette nouvelle production du Bayerische Staatsoper, Leonardo García-Alarcón est invité à diriger le Bayerisches Staatsorchester dans une mise en scène signée Claus Guth.
Après avoir dirigé en 2021 Semele avec le Millenium Orchestra, entouré d’un continuo réunissant des musiciens de Cappella Mediterranea à Namur et à Beaune, Leonardo García-Alarcón poursuit ici son exploration du répertoire haendélien, affirmant une lecture à la fois dramatique et historiquement informée, attentive à la tension théâtrale comme à la richesse des couleurs instrumentales.
Elle est figurante dans sa propre vie. La réalité de son existence lui est étrangère. Son père presse Sémélé d’épouser Athamas, et elle se retrouve soudain dans sa propre cérémonie de mariage, portée par l’industrie nuptiale jusqu’à devenir une scène hollywoodienne pompeuse. En commençant à s’observer de l’extérieur, elle crée une réalité parallèle comme une échappatoire apparente, qu’elle superpose à sa vie, où tous ses désirs sont comblés – un père compréhensif, un mari aimant, l’autodétermination, en somme : l’accomplissement. Mais cela reste temporaire et, surtout, irréel.
À la fin, elle devrait revenir à sa vie réelle, où elle a rapidement été remplacée comme épouse par sa sœur Ino, faute d’avoir pu remplir le rôle qui lui était assigné. Sémélé, physiquement présente, ne retrouvera pas psychologiquement le chemin du réel. Son esprit se consume de l’intérieur. Elle s’est trop éloignée de la normalité. Les attentes rigides pesant sur elle en tant qu’individu coïncidaient trop peu avec sa propre volonté.
Ce conflit fondamental de Sémélé a été inscrit par William Congreve et George Frideric Handel, à partir des Métamorphoses d’Ovide, dans les structures narratives propres à l’opéra baroque. Aujourd’hui, on peut aussi y voir une réflexion sur la puissance contraignante du carcan bourgeois.
Semele, opera de Georg Friedrich Händel à la manière d’un oratorio sur un livret de William Congreve composé en 1743 et joué pour la première fois au Covent Garden Theatre.
Une coproduction avec le Metropolitan Opera de New York
En langue anglaise. Avec surtitres en allemand et en anglais.
Durée estimée : 2h30.
Leonardo García-Alarcón, direction musicale
Claus Guth, mise en scène
Michael Levine, scénographie
Gesine Völlm, costumes
Michael Bauer, lumières
rocafilm, vidéo
Ramses Sigl, chorégraphie
Franz Obermair, direction des chœurs
Christopher Warmuth, Yvonne Gebauer, dramaturgie
Louise Alder, Semele
Michael Spyres, Jupiter
Michael Butler, Apollon
Jakub Józef Orliński, Athamas
Marina Viotti, Junon
Avery Amereau, Ino
Jessica Niles, Iris
Sam Carl, Cadmus / Somnus
Roman Chabaranok, Hohepriester
Bayerischer Staatsopernchor
Bayerisches Staatsorchester